Débats au Conseil du 30 septembre

« Christophe Colomb fut le premier socialiste : il ne savait pas où il allait, il ignorait où il se trouvait... et il faisait tout ça aux frais du contribuable. » Winston Churchill

Publié le mardi 15 octobre 2013

"Un échevin qui s’emporte, une opposition qui va dans les détails et un secrétaire communal qui râle. Ambiance à Waremme, hier soir." C’est sous ces termes que l’avenir résumait, et titrait son compte-rendu de la séance du conseil.... et en effet, si cette séance était chargée, elle a permis de juger de l’organisation de chacun des deux groupes au Conseil.

Premier gros dossier : la "charte urbanistique". Après s’être interrogé sur son utilité (puisqu’elle ne se substitue pas aux codes, décrets et règles en place) et sa cohérence avec la politique menée ces dix dernières années qui fait la part belle aux marchands de sommeil, Laurent Moor a mis en exergue certains paradoxes entre le texte proposé et la situation vécue :
- pour beaucoup de personnes, notamment âgées, c’est une nécessité financière que de pouvoir subdiviser une maison et la rentabiliser
- les logements à une chambre à un prix abordable sont fortement prisés et manquent Si cette charte n’empêchera pas aux promoteurs/spéculateurs de poursuivre leurs investissements, elle causera des difficultés à ceux qui sont moins armés, est-ce là le but ?

Après avoir fait remarquer que la déclaration de politique du logement (connexe à la charte) devait déjà être rendue à l’administration wallonne -sous peine de sanction- au moment où nous la validions, Paulette Evrard s’est chargée du dossier de modification statutaire du personnel communal : comment expliquer qu’alors que la ville a vu ses habitants augmenter de 2% en trois ans, le nombre d’ETP, du personnel communal ait augmenté de 30% ? La conséquence est une augmentation des charges de plus d’un million €, de quoi paralyser la gestion de la ville !

Mais le meilleur reste à venir : une de nos interrogations sur les comptes communaux 2012, en déficit de plus d’un million € malgré les sous-totaux positifs que l’échevine se plaît à nous présenter, a particulièrement fait mouche. Après analyse, les chiffres montrent que dès 2011, les recettes de la ville ne permettaient plus de rembourser la dette en l’état. Par conséquent, en s’endettant plus encore en 2012, la majorité savait qu’elle augmenterait les taxes pour les waremmiens ! Lors des débats électoraux, le bourgmestre promettait pourtant de ne pas augmenter l’impôt communal, il est clairement revenu sur ses paroles : « je n’ai jamais dit que la fiscalité ne bougerait pas pendant les 6 années, j’ai juste dit qu’à mon retour elle ne serait pas augmentée » ...

Notre troisième point concernera l’analyse de la structure de la dette communale : (qui selon l’échevine, grâce à la gestion active de la dette, serait optimale) : plus de 43% est exposée à des taux variables (les charges d’intérêt (802000€) pourraient donc augmenter de 350 à 400 000€ … sur le simple fait de marchés financiers défavorables !) Ces taux sont déterminés par les banques elles-mêmes qui ont déjà été reconnues coupables de manipulation (scandale du Libor). On nous annonce une gestion active de la dette minutieuse, comment expliquer des emprunts à 15 ans à 5,14% (le double du tarif particulier actuel sur les prêts hypothécaires), à 7 ans à 4,6%...il y a des dizaines de milliers d’euros d’économies latentes, et malgré nos questions (écrites), aucune action n’est entreprise pour en profiter !

Terminons enfin par un dernier point important, qui aurait pu ne pas l’être : l’acquisition d’une lame de déneigement. Un dossier à priori élémentaire, mais la sagacité de Thierry Bataille qui a pris soin de recouper les imputations budgétaires prévues par la délibération a mis en lumière une nonchalance scabinale hors du commun : l’échevin Rigot ne savait pas s’il allait acheter une lame de déneigement (soumise au vote), ou deux (prévues dans le budget)... Après plusieurs minutes de tentatives infructueuses de "noyer le poisson", son légendaire aplomb s’est effrité, laissant entrevoir le désarroi de la majorité toute entière qui n’en avait pas mené large durant ces trois heures, à l’image de Christophe Colomb...vu par Churchill !

Lionel Henrion

Testez le quizz de L’avenir sur cette séance du Conseil : http://www.lavenir.net/article/deta...